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Mogusa
25 June 2010 @ 09:45 pm
Je n'ai jamais autant apprécié une coupe du monde, et pourtant, vu la honte internationale qu'on vient de se prendre en pleine figure, il y aurait de quoi se cacher dans une armoire et ne plus en sortir jusqu'à mon départ pour l'aéroport. Parce que je peux vous le dire, les étrangers AIMENT la France et pour une raison étrange, ils croient que notre équipe de foot est composée de dieux, qu'on ne peut pas perdre etc., alors que vous et moi savons très bien qu'on va de déconfiture en déconfiture depuis 1998 et que même la présence en finale d'il y a quatre ans avait un goût d'arrogance, bien amer (avant même que notre idole nationale ne s'emporte comme un petit caïd... allez vite, dans l'armoire.). On sait qu'on va de pubs en pubs, on sait que ça va de magouille en magouille, par contre on ne sait toujours pas ce que notre entraîneur fait là, et on aimerait ne pas avoir connaissance des scandales sexuels et glauques qui font la une des journaux sportifs depuis plusieurs semaines...

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音楽: Morcheeba - Blood like limonade
 
 
Mogusa
11 June 2010 @ 12:32 am
Mon dos me faisant encore souffrir pendant le jogging, mes séances de sport ont été complétement modifiées et je suis donc allée à la piscine pour la première fois depuis mon arrivée. Il y en a une à quinze minutes à pieds de chez moi, perdue dans une espèce mi de sous-bois , mi parcours de santé qui s'est transformé en mini-ville... une micro-société de sans-abris s'y est installée peu à peu, à la manière japonaise, disciplinée, organisée. De grandes bâches bleues constituent les murs et les toits, il y a un coin lessive ; on y voit, bien rangées, bien empilées, des caisses de fruits, de journaux, de bonbons, de vêtements prêts à être vendus. Des hommes défraîchis mais plutôt propres, entourés de leurs valises et de leurs sacs qui doivent contenir tout ce qui reste de leur vie passée, font la sieste, discutent, lisent, se brossent les dents, regardent parfois droit devant eux, décidés mais pourtant désoeuvrées, tournant en rond. Cela me rappelle toujours Tokyo Godfathers et je ne peux pas m'empêcher de considérer avec tendresse ses bâches bleues qui symbolisent la dignité de ceux qui sont devenus marginaux au sein d'une société polissée.

Cette micro-société là a l'air de s'être installée pour de bon, pourvu que ça dure, ils ne dérangent personne dans ce parc dépeuplé... je ne prendrai pas de photos, parce que je ne suis pas photographe et que dans mon cas, j'aurais l'impression de manquer de respect à ces gens plutôt que de leur donner une quelconque noblesse à travers un geste artistique... mais c'est assez impressionnant, ils sont très nombreux et les bâches bleues semblent continuer sur un très long périmètre.

Mais j'en étais à raconter ma futile escapade à la piscine... ce n'était pas une piscine particulièrement tokyoïte : elle ressemblait aux piscines municipales de ma banlieue, en plus propre (on s'en serait douté)... la différence, encore une fois, c'est le service et l'organisation - même dans le plus modeste établissement. Toutes les heures, il y a dix minutes de pause bassin, tout le monde doit sortir (je crois que c'est pour que le relais du maître nageur sur la chaise haute se fasse sans encombres mais... hm... en fait j'ai aucune idée de la raison pour laquelle ils font la pause...). Quand (comme bibi), vous rentrez dans le bassin sans bonnet de bain, un maître nageur vous arrêtera très poliment, ira vous chercher lui-même un bonnet pour éviter que vous ne vous rendiez à l'accueil. Les gens nagent calmement, avec bon sens. Des séances de natation pour enfants sont organisées dans la joie et la bonne humeur : pendant que les maîtres nageurs font faire des exercices pédagogiques et rigolos avec la marmaille, toutes les mamans nipponnes regardent leur progéniture s'ébattre dans la flotte depuis une immense baie vitrée... et le plus drôle c'est que ça a l'air de papoter à peine ! levez la tête, vous verrez des dizaines de mères assises devant la vitre, regard dans le vague, parfois avec un bébé dans les bras. (je me suis retenue de leur faire signe façon "coucou maman" mais c'était dur).

J'ai barbotté dans l'eau comme une bien heureuse pendant une heure et quart, profitant ENFIN de mon superbe maillot de bain que je n'ai porté qu'une fois à Okinawa, nan mais n'importe quoi. Profitant de l'absence totale de douleur. Profitant de l'atmosphère sonore tellement plus relaxante que celle de la salle de gym...

Bref, nouveau défi (mais pas pour tout de suite, oulala, on se calme) : enfin apprendre le crawl. Mes défis et moi. Par exemple, cette année j'avais "faire du sport tous les jours" : pari tenu (qui a dit "jusqu'à ce que tu te bousilles le dos" ? c'était mesquin !!), l'année dernière c'était "enfin apprendre à faire du roller", mais alors là hahaha, échec cuisant (je ne désespère cependant pas de pouvoir un jour improviser une chorégraphie sur roulettes façon Sorry de Madonna, ou prétendre à devenir serveuse dans un dinner room à l'américaine)
(un jour, un jouuur).
L'année prochaine, la patinoire (en fait, pour celui-là, j'attends quelqu'un qui ait la patience de m'apprendre, parce qu'à mon avis un après-midi ne suffira pas)

Donc peut-être prochainement le crawl. Peut-être. Pour l'instant ce n'est pas indispensable et je crois que j'ai eu assez de défis cette année donc on va se calmer...
 
 
音楽: Vanessa Carlton - Nolita fairy tale
 
 
Mogusa
18 May 2010 @ 07:22 pm
Il était une fois un grand-père ji-san et une grand-mère ba-san qui vivaient de la culture des pois mame. Chaque jour, le grand-père semait ses graines, mais hélas chaque soir, un terrible raton-laveur tanuki venait se moquer du couple de vieillards en déterrant jusqu'au moindre petit pois restant.

Un jour, plus que lassé, ji-san attire le tanuki grâce à du poisson fumé et le capture, corde au cou et aux pattes. Pour l'effrayer, il l'amène chez lui en criant à sa femme que le tanuki servira à préparer de la soupe de tanuki, tanuki-jiru. Puis il repart travailler. Le tanuki pleure et pleure pour attendrir la ba-san qui se sent de plus en plus coupable et finit par obtenir d'elle qu'elle désserre la corde, juste un peu...

Mais les tanukis n'ont aucun scrupule, le tanuki désserre donc ses cordes, se jette sur la ba-san sans défenses, la tue, fait de la soupe de ba-san (ba-san jiru), se transforme en ba-san et attend le retour du vieillard. Vous voyez déjà la suite... le vieillard revient, se régale, puis le tanuki révèle sa véritable nature ainsi que celle du repas avant de s'enfuir au plus profond de la forêt (sale bête).

C'est alors que surgit un gentil (hm hm) lapin devenu ami du couple (ne cherchez pas) depuis des années. Horrifié par les actions du tanuki, il décide de venger ba-san et ji-san. Il va voir le tanuki et l'invite à ramasser du bois en échange de poisson fumé. Le tanuki accepte et alors qu'il porte le bois sur son dos, le lapin y frotte des silexs afin d'allumer un feu. Le feu prend et le tanuki, entendant le crépitant "kachi kachi" des flammes, demande au lapin s'il est le seul à entendre un bruit bizarre. "C'est normal, nous arrivons à la montagne de Kachi Kachi où l'oiseau Kachi Kachi chante sans arrêt !" Le feu grandit et le tanuki finit par fuir en hurlant, en flammes.

Le lendemain, le lapin lui apporte une plante vénéneuse au lieu d'une plante appaisante à poser sur ses brûlures, feignant la bévue ("oups !"), juste histoire de faire bien mal. Enfin, il l'invite à une course sur bateaux. Le lapin offre deux bateaux : un en bois, un en boue. Argumentant que le bateau en bois est plus lourd et plus susceptible de couler (n'importe quoi), il obtient que le tanuki choisisse le bateau en boue... qui fond lamentablement dans l'eau une fois au large. A la vue du tanuki se débattant dans l'eau, le lapin lance : "tu te souviendras du vase de Soissons !" ... heu non, my mistake...



Voilà, c'est le genre d'histoire qui prend trois plombes à déchiffrer en cours à cause du style et du vocabulaire... cette histoire date de la période Edo, mine de rien, ça fait dans les trois cent ans ! J'ai fait mes recherches et j'ai bien ri en voyant que comme pour chaque conte, il existe des versions plus ou moins violentes. De la même manière que Disney a simplement évincé les deux soeurs de Cendrillon alors que dans la version originale, elles meurent les yeux crevés par des corbeaux, le sort de la grand-mère évolue selon les versions. Dans la version originale elle est digérée par son propre mari, mais j'ai lu une autre version où elle était "juste" assassinée sans plus de détails, tandis que dans les dessins animés le tanuki lui donne simplement un coup de pied (et parvient à sortir de l'eau en pleurant à la fin du conte)...
 
 
音楽: Plain Ts White - Hey there Delilah
 
 
Mogusa
18 May 2010 @ 06:45 pm
Ce semestre, je me suis inscrite à un cours d'introduction à la culture traditionnelle japonaise, par le biais duquel je participe à des activités du type aikidou, flûtes traditionnelles, etc. La semaine dernière, c'était ikebana, à dix minutes de Shibuya, dans un atelier d'ikebana et de cérémonie du thé.

Pour les néophytes: mais c'est quoi, l'ikebana ? 生け花 possède deux caractères chinois : le premier, celui de la vie, le deuxième signifie fleur. La traduction littérale concerne donc le fait que les fleurs vivent, ou qu'elles ont été amenées à la vie : d'où le sous-titre "l'art de faire vivre les fleurs" (qui est aussi approprié). L'autre appelation est kadou, 花道 qui veut littéralement dire "voie des fleurs". De notre côté, on parle simplement d'arrangement floral : et c'en est ! mais comme d'habitude, les Japonais ont amené chaque geste à un degré de raffinement sans précédent. L'ikebana a donc des règles particulières que je ne connais absolument pas... et que je ne vais donc pas expliquer ici.

Une chose est sûre, c'est qu'une composition d'ikebana se construit en trois points, répond aux symboliques du ciel, de la terre et des hommes, et que trois critères sont à prendre en considération : espace, profondeur (ou perspective) et asymétrie.



La dame nous a composé un truc "vite fait bien fait" (raaaah) et après c'était notre tour.

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音楽: Darren Criss - Don't you
 
 
Mogusa
06 May 2010 @ 12:43 am
Comme m'a dit une de mes meilleures amies aujourd'hui par skype, "mais quelle divinité as-tu offensé pour avoir une telle poisse ?!"

La poisse étant : une hernie discale, les dents de sagesse qui me refont un mal de chien, un rhume, une inflammation de la bouche apparemment due aux dents de sagesse aussi et des aphtes qui ont décidé de vivre leur vie malgré ma réticence. Rien que des trucs pas si graves que ça mais qui pourrissent la vie. La Golden Week est passée mais je suis encore plus épuisée qu'au début... j'ai été quasiment clouée au lit tout le long. Ne cherchez pas de kiné ni de dentiste, tout était fermé, puisque c'était la Golden Week, ha ha ha. Ne cherchez pas à me forcer à me reposer puisqu'être allongée est maintenant aussi douloureux qu'être debout et que de toutes façons je me réveille pour une raison ou pour une autre. J'ai du arrêter le sport, autant retirer sa dose à un drogué...

Bref, dieux et déesses, pardon pardon pardon, quoique j'ai fait, je vous jure que ça doit être un malentendu... on peut peut-être s'arranger, hm ?
(je fais de très bons muffins, ça vous dit ? non ?)

En parlant de muffins, ce blog ne serait pas le mien si je n'abordais pas le sujet de la bonne chère coréenne. Toute personne ayant été en Corée m'a tenu un discours similaire (discours que je partage) : "en Corée, qu'est-ce qu'on MANGE !" Les restaurants sont ridiculement abordables, c'est super épicé, mais qu'est-ce que c'est bon. Saveurs inconnues, recettes ayant survécu à la mondialisation, on veut tout goûter, tout essayer...



Le Kalubi, barbecue coréen, peut-être le seule plat coréen qu'on peut trouver en Europe...

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音楽: Dirty Dancing OST - Time of my life